Franc Suisse : une Monnaie Forte
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Finances & Fiscalité

Histoire du franc suisse : de Napoléon à une monnaie refuge mondiale

Vous souhaitez comprendre pourquoi le Franc Suisse (CHF), cette monnaie forte et la valeur refuge par excellence, résiste si bien aux turbulences mondiales ? Le CHF n'a pas toujours été ce géant.

En bref

• Le franc suisse ne doit pas sa force au hasard : elle est le fruit de deux siècles de discipline monétaire et de choix politiques rigoureux.
• Neutralité historique, lien à l'or, inflation maîtrisée et BNS proactive : quatre facteurs qui expliquent pourquoi les investisseurs du monde entier se réfugient dans le CHF en période de crise.
• Face à l'euro et au dollar, le franc n'a cessé de s'apprécier sur le long terme, avec un seul épisode de dévaluation en 1936.

Son histoire est un récit fascinant, partant de l’éclatement monétaire de l’ère napoléonienne jusqu’à l’institution d’une devise de renommée mondiale.

Aujourd’hui, une économie robuste, un faible endettement et la gestion stratégique de la Banque Nationale Suisse (BNS) garantissent sa solidité.

Mais la véritable force du franc réside dans les leçons tirées de son passé.

Remontons aux origines. B-sharpe, votre partenaire de change, vous fait découvrir aujourd’hui comment et pourquoi le franc suisse est devenu un pilier de stabilité, quels mécanismes le soutiennent, et comment il se compare face à l’euro et au dollar.

L’histoire du franc suisse vous donne les clés pour décrypter le marché des changes et optimiser vos opérations chez nous.

…Avant de plonger dans les profondeurs de l’histoire du franc suisse, éclaircissons déjà ce qu’est “une monnaie forte”.

Monnaie forte VS monnaie faible : quelles différences ?


La notion de monnaie forte est toute relative. Une monnaie peut être ‘forte’ par rapport à une première, et ‘faible’ par rapport à une autre.

Il fallait débourser environ 1’219 francs suisses début 2012 pour obtenir 1000 euros, mais il suffit aujourd’hui de débourser 1’035 francs suisses pour obtenir la même somme.

Si dans l’absolu ces deux monnaies peuvent être considérées comme fortes, le franc suisse remporte le match face à l’euro au cours de la dernière décennie avec une évolution positive du taux de change face à la monnaie unique.

Comparaison euro franc suisse
Taux de change de la paire de devises EUR/CHF sur 10 ans
  • Autre exemple :

Sur la même période, il fallait débourser environ 1270$ pour obtenir 1000€ en 2012, alors qu’il faut aujourd’hui débourser seulement un peu moins de 1134$ pour avoir la même somme.

Comparaison euro dollar américain

Des origines à l’unification : comment est né le franc suisse ?


Le franc suisse sous l’ère napoléonienne

Avant l’instauration d’une monnaie nationale moderne, la Suisse était un véritable labyrinthe financier. L’Ancienne Confédération (jusqu’en 1798) ne disposait d’aucune unité monétaire concrète.

La plupart des treize cantons battaient leur propre monnaie.

Cela entraînait une diversité extrême : 319 types de pièces coexistaient avec de nombreuses devises étrangères, rendant les échanges nationaux complexes.

Il est bien de savoir que l’histoire du Franc suisse est intimement liée à l’influence française.

L’éphémère unité de la République helvétique (1798-1803)

L’invasion française de 1798 et la création de la République helvétique ont mis fin à la fragmentation.

Inspirée du modèle français centralisé, la nouvelle République a pris une décision radicale et inédite : imposer une monnaie unique sur l’ensemble du territoire. C’est à ce moment qu’un Franc de Suisse fait sa première apparition officielle, mettant un terme temporaire au « chacun pour soi » monétaire des cantons.

Le retour à l’éclatement sous la Médiation (1803-1848)

Ce régime d’unité fut de courte durée.

En 1803, Napoléon Bonaparte intervient avec l’Acte de Médiation, démantelant le gouvernement centralisé.

La Suisse redevient une confédération. La conséquence immédiate sur le plan financier est un retour en arrière : chaque canton récupère sa souveraineté et le droit de frapper à nouveau sa propre monnaie.

Le système monétaire redevient éclaté.

Face au chaos persistant de cette diversité cantonale, six cantons (dont Berne, Vaud et Bâle) signent un concordat monétaire en 1825. Cette alliance visait à harmoniser les types de pièces et leur valeur au sein de leurs territoires.

Bien que limitée, cette initiative marque la première tentative concrète, menée par les cantons eux-mêmes, pour réinstaurer une cohérence financière (Source :  Dictionnaire historique de la Suisse ).

La voie vers le monopole fédéral : La loi monétaire de 1850 et l’État fédéral suisse

Le véritable tournant se produit après la guerre du Sonderbund.

En 1848, la nouvelle Constitution fédérale acte un changement fondamental : le monopole de la frappe monétaire est attribué à la Confédération.

Cette décision politique met fin à la souveraineté monétaire cantonale et légitime le processus d’unification.

L’étape suivante, l’établissement du Franc suisse tel que nous le connaissons, est alors inéluctable.

Entre 1851 et 1852, l’État fédéral a procédé au retrait de plus de 66 millions d’anciennes pièces des 319 variétés pour assainir le marché en vue de la loi monétaire de 1850.

À ses débuts, le nouveau Franc suisse est d’ailleurs mis à parité avec le Franc français (dit « franc germinal »), confirmant une influence historique majeure et garantissant une première stabilité de change.

Alors, que se passe-t-il pour le franc suisse de la loi monétaire de 1850 à la première guerre mondiale ?

La nouvelle stabilité du franc incite rapidement la Suisse à s’intégrer dans le système monétaire européen dominant.

L’Union Monétaire Latine (UML)

En 1865, la Suisse signe un accord avec la France, l’Italie et la Belgique pour créer l’Union Monétaire Latine (UML) (la Grèce rejoindra en 1868).

Cette union est une réponse pratique aux turbulences causées par les découvertes d’or en Amérique et en Australie, qui menaçaient l’équilibre des métaux.

L’UML repose sur le bimétallisme (utilisation conjointe de l’or et de l’argent) avec un rapport fixe entre les deux métaux précieux (1/15,5). Le système s’aligne sur les caractéristiques du franc français de 1803.

Les pays s’engagent à frapper des pièces d’or et des écus d’argent avec un titre de 900/1000, et des monnaies divisionnaires (pièces de faible valeur) avec un titre de 835/1000.

L’effet le plus direct pour le commerce suisse est l’acceptation mutuelle.

Les monnaies des cinq pays membres peuvent circuler librement et ont cours légal dans tous les États de l’Union, renforçant l’intégration de la Suisse dans la zone monétaire française.

Vers l’Étalon-Or et la Banque Nationale Suisse

L’UML est rapidement confrontée à des défis.

L’adoption du monométallisme or par l’Empire allemand en 1871, couplée à une augmentation de la production mondiale d’argent, entraîne une dépréciation du métal blanc.

Pour contrer ce phénomène, les pays de l’Union limitent, puis suspendent la frappe des monnaies d’argent en 1880. Le système bascule de facto vers le seul Étalon-or.

En parallèle de ces efforts d’uniformisation des pièces, l’émission des billets de banque reste longtemps fragmentée entre les banques cantonales.

La Première Guerre mondiale mettra un terme effectif à la libre circulation des monnaies de l’UML. Mais le Franc suisse en sort renforcé, ayant déjà établi sa valeur sur le plan international.

Circulation monétaire 1851-1950

L’évolution du franc suisse au XXe siècle


1920-1945 : étalon-or, crises et affirmation du franc

La période de l’entre-deux-guerres forge la réputation du Franc Suisse (CHF) comme monnaie refuge.

Tandis que les devises européennes connaissent une période de grande instabilité — marquée par l’hyperinflation du mark allemand dans la République de Weimar, qui illustre une perte de valeur spectaculaire — le franc suisse se distingue par sa solidité.

Cette force résulte principalement du maintien de l’étalon-or par la Suisse.

En conservant un lien direct avec le métal jaune, la monnaie attire massivement les capitaux étrangers en quête de sécurité.

Mais cette cherté a aussi des conséquences négatives sur l’économie du pays.

  • L’impact sur les exportations : Un franc trop fort pénalise durement l’économie suisse, largement tournée vers l’exportation.
  • La crise de l’emploi : L’impact de la crise est tel qu’au milieu des années 1930, le chômage touche plus de 20 % de la population active.

Face à cette situation, la Confédération est contrainte d’agir.

Le Conseil fédéral ramène le poids du franc de 0,290032 g d’or fin à une quantité à choisir entre 0,190 g et 0,215 g le 26 septembre 1936.

Il s’agit de la première et unique dévaluation du franc suisse, décidée pour soutenir la compétitivité (Source 2).

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Suisse renforce encore ses fondations en vendant des matières premières à l’Allemagne en échange de grandes quantités d’or.

Ces deux décennies (1920-1945) établissent définitivement la base de la solidité future du CHF.

La Suisse, le franc suisse et les capitaux étrangers

Les pays qui possèdent une monnaie dite forte ont tous la même caractéristique : ils attirent les capitaux des investisseurs étrangers. Plus les capitaux étrangers affluent, plus la monnaie devient forte.

En 2020, ce sont plus de 1216 milliards de francs suisses d’investissements étrangers qui se trouvaient en terre helvète. Face à cela, la Suisse investissait alors plus de 1460 milliards de CHF dans le monde.

La Suisse est un des pays au monde qui investit le plus à l’étranger. Mais en 2019 et 2020, dans un contexte de crise sanitaire, les entreprises du pays ont respectivement rapatrié 54 et 34 milliards de francs suisses, de quoi soutenir le franc suisse sur le marché des changes.

Bretton Woods et le passage au change flottant

À la fin de la guerre, l’ordre monétaire mondial est redéfini par les accords de Bretton Woods (1944). Ce système ancre les devises au dollar américain, lui-même rattaché à l’or. La Suisse, par choix politique, refuse d’y adhérer (Source 1). Malgré cette non-participation officielle, le franc suisse se maintient parmi les monnaies les plus robustes au monde.

Le système de Bretton Woods s’effondre en 1971, ouvrant l’ère des taux de change flottants, où la valeur des devises est désormais déterminée par le libre jeu de l’offre et de la demande sur les marchés (Source 1).

  • Conséquence immédiate : L’économie suisse, déjà en bonne santé, attire un afflux massif de capitaux étrangers cherchant la sécurité.
  • Problème pour les entreprises : Ce mouvement provoque une nouvelle appréciation du franc. Les secteurs industriels, notamment ceux axés sur l’exportation, subissent à nouveau des difficultés, entraînant une hausse du chômage.

La Banque Nationale Suisse (BNS) est obligée d’intervenir pour maîtriser la valeur de sa monnaie.

Le choc pétrolier des années 1970 et la crise monétaire des années 1990

Les chocs pétroliers des années 1970 accélèrent la pression sur les devises. Malgré les dispositifs mis en place par la BNS pour freiner son appréciation, le franc suisse poursuit sa hausse.

La situation s’aggrave avec les difficultés de gestion des liquidités. Après le krach boursier de 1987, la BNS injecte des liquidités, mais ne parvient pas à maîtriser les effets à long terme (Source 3). Les secteurs du bâtiment et de l’immobilier entrent en surchauffe spéculative.

  • Réaction de la BNS : Pour juguler l’inflation et la spéculation, la BNS augmente ses taux d’intérêt.
  • L’effet récessif : Cette hausse agressive plonge l’économie dans une forte récession qui caractérise l’essentiel des années 1990.

Les années 1990 restent donc économiquement difficiles, notamment en raison d’une baisse des taux jugée trop tardive (Source 3). Le point notable est qu’en dépit de ces difficultés intérieures, le franc suisse maintient sa valeur face à la majorité des autres devises internationales.

Le taux plancher en réponse à la crise de 2008

La crise financière de 2008 réaffirme de manière spectaculaire le statut de valeur refuge du franc suisse.

En 2010, la BNS réagit à la crise en abaissant ses taux d’intérêt à zéro et en inondant le marché de liquidités pour protéger le système bancaire.

Cependant, le CHF s’apprécie fortement face à l’euro et au dollar, menaçant la compétitivité des exportations suisses.

Pour protéger les entreprises nationales, la BNS prend une mesure drastique :

  • Le taux plancher : La BNS instaure un taux de change minimum (taux plancher) face à l’euro (EUR/CHF) qu’elle s’engage à défendre par des interventions massives.
  • L’abolition : Ce plancher est maintenu pendant plusieurs années avant d’être soudainement abandonné en 2015. L’abolition provoque un “choc” monétaire mondial, car le franc s’apprécie instantanément.

Ces interventions, qu’il s’agisse de la dévaluation de 1936 ou du plancher de 2015, confirment que la stabilité du franc est régulièrement mise à l’épreuve par son propre succès et son rôle de monnaie refuge.

Pourquoi le franc suisse est devenu une valeur refuge ?


Le statut de valeur refuge du franc suisse (CHF) n’est pas dû au hasard, mais à un long processus historique et institutionnel. Longtemps considéré comme un “appendice” du franc français à ses débuts, le CHF s’est affirmé au XXe siècle comme une monnaie de placement stable et hautement recherchée.

Cette solidité résulte de plusieurs facteurs qui créent une confiance durable chez les investisseurs cherchant à protéger leur capital, notamment en période d’incertitude :

  1. Stabilité Historique et Politique : Le pays a bâti un immense capital de confiance en restant épargné par les conflits majeurs depuis le milieu du XIXe siècle et en démontrant une forte stabilité politique et sociale.
  2. Lien Ancien avec l’Or : Le franc a été historiquement lié à l’or, ce qui a établi sa réputation de stabilité. Même après l’abandon de l’étalon-or, la Suisse a continué de maintenir d’importantes réserves d’or.
  3. Faible Inflation : Une faible inflation persistante est un facteur économique clé.
  4. Indépendance et Discipline Budgétaire : Une discipline rigoureuse en matière de stabilité budgétaire et monétaire s’ajoute à une forte volonté d’indépendance.

Ces éléments conjugués font du franc suisse un choix privilégié lorsque les incertitudes politiques ou les conflits internationaux augmentent, car il est perçu comme un bouclier contre l’instabilité mondiale.

Les facteurs politiques et économiques derrière sa solidité


La solidité du franc suisse repose sur des mécanismes institutionnels et des réalités économiques tangibles, souvent gérés de manière pro-active :

Le Rôle Central de la Banque Nationale Suisse (BNS)

La Banque Nationale Suisse (BNS) est l’acteur principal du maintien de la stabilité du CHF.

  • Politique Monétaire Rigoureuse : La BNS s’engage à assurer la stabilité des prix tout en tenant compte de l’évolution économique globale. Elle utilise des outils comme le taux directeur et les interventions sur le marché des changes pour contrôler l’inflation et stabiliser l’économie.
  • Indépendance et Proactivité : La BNS est l’une des rares banques centrales au monde à opérer également comme un fonds d’investissement, achetant des obligations et des actions d’entreprises mondiales. Elle ajuste ses réserves de devises et ses taux d’intérêt de façon pro-active pour influencer la valeur du franc.
  • Indépendance Cruciale : L’autonomie de la politique monétaire de la BNS vis-à-vis de la politique budgétaire est un pilier de sa crédibilité, protégeant la monnaie de considérations politiques à court terme.

Les Facteurs de Confiance Économique

  • Réserves d’Or : La Suisse est un détenteur majeur d’or, se classant régulièrement parmi les 10 plus grands détenteurs mondiaux. Elle possède environ 1 040 tonnes métriques d’or, représentant environ 5 % de ses réserves totales (qui comprennent aussi des devises étrangères, des obligations et des actions). Ces réserves renforcent la confiance des investisseurs.
  • Économie Robuste et Faible Inflation : Une croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) généralement robuste et un niveau d’inflation maîtrisé attirent les capitaux. Une économie dynamique et en expansion renforce la confiance et peut entraîner une appréciation du CHF.
  • Facteurs Géopolitiques : Le statut de valeur refuge du franc suisse est également renforcé par les facteurs géopolitiques. Toute crise internationale ou incertitude politique augmente mécaniquement la demande pour le CHF.

Franc suisse, euro et dollar : évolution et comparaisons


L’évolution du franc suisse par rapport aux deux principales monnaies mondiales met en lumière la force et les spécificités du CHF.

Franc Suisse contre Euro (EUR)

L’interaction la plus volatile du franc suisse s’observe face à l’euro.

  • Le Taux Plancher (2011–2015) : Pour protéger son économie des effets d’un franc trop fort, la BNS a instauré un taux plancher de 1,20 CHF pour 1 EUR le 6 septembre 2011.
  • L’Abandon (2015) : La BNS a mis fin à ce plancher le 15 janvier 2015, provoquant un “tsunami” sur les marchés. L’euro a chuté sous la parité, atteignant un plus bas historique. Cette décision, bien qu’audacieuse, a démontré la capacité de la BNS à s’adapter rapidement aux conditions changeantes.
  • Fluctuations : Les fluctuations du taux de change EUR/CHF sont souvent marquées par les politiques monétaires divergentes entre la Suisse et la Zone Euro, les variations significatives étant courantes.

Franc Suisse contre Dollar (USD)

Face au dollar, le franc suisse a montré une force historique et une relative stabilité récente.

  • Appréciation Historique : Le dollar américain, qui valait 5,18 CHF en 1914, s’échangeait déjà à peine au-dessus de 0,80 CHF en 2011 (selon les données historiques disponibles), illustrant une appréciation historique constante du franc.
  • Stabilité Récente : Depuis près de 15 ans, le taux USD/CHF a évolué dans une fourchette relativement stable, principalement entre 0,80 et 1,02 USD. Cette stabilité contraste avec les mouvements face à l’euro.

L’évolution de la parité du CHF montre qu’il est non seulement resté fort face aux devises partenaires historiques (comme l’ancienne lire italienne ou le franc français) dont la valeur relative a chuté, mais qu’il continue de s’apprécier fortement par rapport au dollar et fait preuve d’une grande réactivité face aux chocs européens.

Récap des raisons qui font du franc suisse une monnaie forte


Facteur de Solidité du Franc Suisse (CHF)Arguments Pratiques
Monnaie Refuge et Stabilité GéopolitiqueLa Suisse a historiquement préservé une stabilité politique et sociale remarquable. Ce facteur, renforcé par une neutralité et une absence de conflits majeurs, crée un capital de confiance unique. En période d’incertitude ou de crise mondiale, les investisseurs cherchent à protéger leur capital, augmentant ainsi la demande pour le CHF.
Discipline Budgétaire et Faible EndettementLe pays maintient une discipline budgétaire rigoureuse et une forte volonté d’indépendance. Le faible taux d’endettement de la Suisse (nettement inférieur à celui de ses voisins européens) est un indicateur de fiabilité majeur qui rassure les marchés.
Croissance Économique Robuste et Faible InflationL’économie suisse démontre une croissance généralement robuste et a su traverser les crises sans dommage excessif. Une faible inflation persistante et une économie dynamique attirent les capitaux, car elles préservent le pouvoir d’achat du franc.
Rôle et Indépendance de la BNSLa Banque Nationale Suisse (BNS) jouit d’une indépendance cruciale vis-à-vis de la politique budgétaire. Sa politique monétaire rigoureuse et proactive vise la stabilité des prix. En ajustant le taux directeur et en intervenant activement sur les marchés (parfois même en agissant comme un fonds d’investissement), elle contrôle et stabilise la valeur du CHF.
Réserves Stratégiques (Or et Devises)La Suisse est un détenteur majeur d’or, conservant d’importantes réserves d’or. Ces réserves, combinées aux réserves de devises et d’actifs, renforcent la crédibilité du franc. Le lien historique avec l’or a contribué à forger sa réputation de stabilité qui perdure.

Franc suisse et capitaux étrangers : un pilier de sa stabilité


Les monnaies fortes attirent les capitaux étrangers, renforçant d’autant leur valeur.

L’histoire du franc suisse (CHF) est marquée par cette attraction constante, qui est essentielle à sa stabilité.

Parlons de l’effet direct des flux de capitaux.

Le rôle du franc se vérifie dans les mouvements d’investissement :

  • Flux internationaux massifs : La Suisse est un acteur financier mondial majeur. En 2020, elle accueillait plus de 1 216 milliards de CHF d’investissements étrangers tout en plaçant elle-même plus de 1 460 milliards de CHF à l’étranger.
  • Rôle de soupape de sécurité : En période de crise, les investisseurs suisses rapatriement leurs fonds pour chercher la sécurité du franc.

Par exemple, durant les années 2019 et 2020, plus de 88 milliards de CHF ont été rapatriés. Ce mouvement soudain augmente la demande pour le CHF sur les marchés des changes, agissant comme un soutien actif et immédiat à sa valeur.

L’afflux et le rapatriement des capitaux étrangers ne sont pas seulement un indicateur de la santé du CHF ; ils sont un pilier actif de sa stabilité. Ils valident en permanence la confiance que le monde accorde aux fondations politiques, économiques et institutionnelles de la Suisse.

L’histoire du franc suisse révèle une vérité essentielle : la force d’une monnaie est toujours le fruit de choix politiques rigoureux et d’une discipline économique constante.

Le CHF n’est pas devenu une valeur refuge par hasard.

Il s’est construit par l’unification, le maintien de l’étalon-or, l’indépendance de la BNS et une gestion proactive face aux crises. Vous comprenez désormais les fondations sur lesquelles repose cette solidité unique.

Pour sécuriser votre capital ou optimiser vos opérations de change avec b-sharpe, utilisez désormais la force avérée du franc suisse à votre avantage.

Appliquez cette connaissance historique pour anticiper les mouvements sur le marché des devises.

1 commentaire
  1. Merci beaucoup et bravo pour cette explication fort intéressante.

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